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Le droit d'asile expédié par les tribunaux selon l'Anafé

20 Minutes | édition du 11.05.06

 

Un cercle infernal. Le rapport de l'Anafé (Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers), rendu public hier, raconte le parcours des étrangers débarquant en France, depuis les zones d'attente jusqu'au tribunal correctionnel. Il se fonde sur trois mois d'observation entre février et avril 2005.

Ces étrangers ont demandé le droit d'asile en arrivant à l'aéroport de Roissy (93). Mais après un examen de leur dossier « bien trop expéditif », selon l'Anafé, par les agents du ministère de l'Intérieur, leur requête est déclarée « manifestement infondée » dans 78 % des cas. Ces demandeurs d'asile réclament un examen plus approfondi et refusent alors d'être expulsés. Plutôt que de les forcer à partir, la police aux frontières les renvoie en général devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Et là, « au lieu de réexaminer la demande, les juges procèdent à une justice d'abattage, ne restent en moyenne que dix minutes sur chaque cas, face à des étrangers souvent privés d'interprète et parfois d'avocat ». Ils sont généralement condamnés à trois mois de prison, assortis d'une interdiction de territoire de trois ans. Conduits en centre de rétention, il leur est alors difficile de faire une nouvelle demande d'asile. Et sont donc expulsés.

M. H.

©2006 20 minutes