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ssociation nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers

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Communiqué

Accueil des réfugiés libanais :

Larmes de crocodile et tentatives de refoulement en catimini

Le 22 août 2006

Alors que le gouvernement français vante la mise en place de mesures exceptionnelles pour accueillir les Libanais sur le territoire, des familles entières arrivent aux frontières françaises et sont menacées d’être refoulées.

Le 8 août 2006, B.S. arrive à Roissy avec sa femme et son fils de 2 ans. Il a fui le Liban où il a tout perdu. Il dépose une demande d'entrée sur le territoire au titre de l'asile. Celle-ci est rejetée deux jours plus tard. Depuis, la famille est menacée d'un renvoi vers Damas d'où elle a pris l'avion. B.S., sa femme et son fils seront rejoints par plusieurs autres familles, parmi lesquelles se trouvent des enfants en bas âge.

Ils étaient hier 49 libanais, dont 13 mineurs de moins de 13 ans à être maintenus dans la zone d’attente de Roissy. Toutes ces familles ont vu leur demande d’accès au territoire rejetée. La grande majorité d’entre elles ont déjà subi plusieurs tentatives de refoulement alors même que la situation au Liban est loin d’être stabilisée.

Le week-end du 15 août, une vingtaine de ces ressortissants libanais maintenus entament une grève de la faim, qui durera 3 jours. Ils écrivent une lettre au président de la république, et au ministère de l'intérieur, s'interrogeant sur la réalité d'une démocratie qui les met, disent-ils, « dans la zone d'attente, à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle, sans connaître notre l'avenir et quelle sera notre punition".

C'est pourtant bien ce même gouvernement qui, le 20 juillet, adressait aux préfets une circulaire les invitant à "délivrer aux ressortissants libanais présents en France qui ne disposeraient pas d'un droit de séjour (...) une autorisation de séjour d'un mois, renouvelable, jusqu'à ce que la situation se stabilise au Proche Orient".

C’est aussi ce même gouvernement, qui le 29 juillet, se flattait d'accueillir 60 enfants libanais amenés par un vol spécial, afin qu'ils "passent un été en paix". Le petit garçon de B.S. se contentera des couloirs de la zone d'attente.

Derrière les apitoiements médiatisés, se cache la routine quotidienne du dispositif de refoulement aux frontières françaises qui ne s’embarrasse guère des principes de protection des populations en danger.