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ssociation nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers

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Communiqué

Au Quai d’Orsay ou à la frontière l’heure n’est pas la même pour les Somaliens

29 décembre 2006

A l’heure où la situation en Somalie est particulièrement incertaine et a provoqué de nombreuses victimes parmi les civils pris dans le piège des combats ;"

A l’heure où les organisations internationales et non gouvernementales appelaient les belligérants au respect des règles de droit international humanitaire et au respect des droits fondamentaux de milliers de déplacés qui fuient les combats ;

A l’heure où le ministre des Affaires Etrangères affirme : « parce que les victimes de ces violences sont d’abord la population civile, avec le retrait des ONG, les ruptures d’approvisionnement en eau et en nourriture, l’afflux de réfugiés, il est essentiel de faire cesser les combats » (Le Parisien – 28 décembre 2006) ;

A cette même heure, aux frontières de France, les Somaliens qui demandent à pénétrer sur le territoire pour demander une protection voient leur demande systématiquement rejetée par le ministère de l’Intérieur, certain d’entre eux ayant déjà subi des tentatives de refoulement ;

Les Somaliens, fuyant le climat d’insécurité généralisée de leur pays, se sont régulièrement présentés aux portes de la France tout au long de l’année 2006. Cette semaine encore, ils sont huit à s’être vu refuser l’entrée sur le territoire pour solliciter la protection des autorités françaises au titre de l'asile.

Les graves violations des droits humains commises aujourd'hui en Somalie met davantage en exergue l’inadmissible contradiction que l’Etat français entretient entre ses déclarations préoccupées sur le sort des civils somaliens, et la fermeture de sa frontière, au mépris de ses engagements internationaux à des personnes fuyant des persécutions.

L’ANAFE dénonce ici l’usage qui est fait de la procédure d’admission à la frontière, qui prive des personnes qui fuient des violations de leurs droits fondamentaux de demander la protection de la France.

L’ANAFE demande aux autorités compétentes qu’elles prennent les mesures nécessaires pour que les ressortissants somaliens se présentant à la frontière soient autorisés à entrer sur le territoire français pour y déposer leur demande de protection au titre de l’asile.