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La Croix-Rouge présente en permanence dans la zone d'attente de Roissy
6 octobre 2003

AEROPORT DE ROISSY (AFP) - La Croix-Rouge s'installera le 14 octobre en permanence dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, pour assister les demandeurs d'asile et les étrangers non admis sur le territoire, conformément à une convention signée lundi entre le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy et l'organisation.

Vingt-trois salariés de la Croix-Rouge s'installeront dans les zones d'attente pour les personnes en instance (ZAPI) de Roissy, première frontière de France, a indiqué le président de la Croix-Rouge française Marc Gentilini.

La convention a été signée pour six mois à titre expérimental, avec un budget de 569.000 euros subventionné par l'Etat.

La convention est révocable unilatéralement par les deux parties, avec un préavis d'un mois. La mission de la Croix-Rouge "doit s'exercer en toute neutralité et ne doit pas constituer une ingérence dans l'examen par l'administration de la situation individuelle des étrangers placés en zone d'attente", indique la convention que s'est procurée l'AFP.

Le document rappelle également "l'obligation (de la Croix-Rouge, ndlr) de rendre compte à l'administration, représentée par le préfet de la Seine-Saint-Denis, le directeur des libertés publiques et des affaires juridiques et par le directeur central de la police aux frontières, de l'accomplissement de cette mission".

Soulignant "une grande première", Nicolas Sarkozy a expliqué que la Croix-Rouge "assurera 7 jours sur 7, 24h sur 24, un soutien psychologique à des personnes souvent isolées ou perdues" dans le dédale administratif, en leur fournissant notamment des informations juridiques.

Les salariés de l'association assureront également "une mission humanitaire" en apportant aux étrangers des produits de première nécessité, et "la Croix-Rouge jouera le rôle de médiateur entre les étrangers et les agents de la police aux frontières" (PAF), a ajouté le ministre de l'Intérieur.

Cette initiative permettra de "soulager la situation de gens qui sont quelque part des désespérés. Je pense que les gens heureux ne migrent pas", a affirmé M. Gentilini.

Concernant les ZAPI de Roissy (ZAPI 2 et ZAPI 3), M. Gentilini s'est dit "tout à fait soucieux de rendre compte de la vérité". "La présence d'un acteur neutre sera précieuse. (...) L'idée est la suivante: l'Etat a tout à gagner à la transparence", a renchéri M. Sarkozy, précisant ensuite qu'"il faut que chacun s'engage à laisser la PAF faire son travail".

La présence de la Croix-Rouge "mettra la PAF à l'abri de toute polémique, notamment sur d'éventuelles violences", a-t-il ajouté, soulignant que "depuis que des observateurs de la Croix-Rouge accompagnent les retours groupés, il n'y a plus de polémique. Les policiers ne sont plus insultés".

Une dizaine de salariés de la Croix-Rouge de Roissy travaillaient auparavant au camp de Sangatte (Pas-de-Calais), dont notamment Michel Derr, ex-directeur de Sangatte.

Les médiateurs de la Croix-Rouge choisis pour Roissy "parlent toutes sortes de langues étrangères: chinois, russe, arabe classique, langues d'Asie centrale...", a expliqué M. Derr.