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Sarkozy ouvre les portes de la zone d'attente de Roissy aux ONG

Afp - 5 mars 2004


Le ministre de l'Intérieur et les associations de défense des immigrés ont signé vendredi matin, dans un "climat de confiance mutuelle" quasi historique et après deux ans de négociations, une convention permettant aux ONG d'être présentes en zone d'attente de l'éaroport de Roissy.

Des deux côtés, la satisfaction est visible. Nicolas Sarkozy, souriant, a convenu que "le pas à franchir l'un vers l'autre était grand", mais "qu'il avait choisi de faire confiance".

Hélène Gacon, présidente de l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), a parlé aussi de "climat de confiance mutuelle" et s'est dit "satisfaite" puisque "cela fait quinze ans qu'on attend et deux ans que l'on discute".

Désormais, l'Anafé, qui regroupe une vingtaine d'organisations, bénéficiera d'une présence permanente en zone d'attente de Roissy pour aider juridiquement les étrangers qui y sont maintenus en attendant d'être admis sur le territoire français ou refoulés.

Mais la satisfaction des associations, qu'Hélène Gacon ne cherche pas à dissimuler, est cependant entâchée d'inquiétude. "Nous pouvons maintenant aider les étrangers en zone d'attente, mais on s'inquiète de ceux qui n'arrivent pas", dit-elle.

Alors que le ministre de l'Intérieur se félicite de la diminution du nombre d'étrangers maintenus à Roissy (77 ce vendredi contre plus de 400 début 2003), grâce aux contrôles à la porte de l'avion, à la création de visas aéroportuaires notamment, Hélène Gacon s'en "inquiète vivement".

"Ces contrôles, y compris ceux qui sont pris dans les pays de départ, rendent de plus en plus difficiles les arrivées des demandeurs d'asile", dit-elle, soulignant aussi "la chute drastique du nombre d'étrangers en zone d'attente admis au titre de l'asile".

Néanmoins, l'accord signé vendredi est une "victoire pour l'Etat de droit", ajoute-t-elle, "le premier droit pour un étranger, c'est d'être informé et de comprendre l'enjeu des procédures administratives, de comprendre pourquoi il est refoulé ou comment demander l'asile".

Une quinzaine de personnes mandatées par l'Anafé, juristes et parlant anglais, arabe, chinois ou espagnol, précise Hélène Gacon, assureront des permanences sept jours sur sept dans le centre d'hébergement (ZAPI 3), où elles disposeront d'un bureau.

En revanche, l'Anafé n'a obtenu que des visites sous escorte policière, deux fois par semaine, dans les aérogares.

Jusqu'à présent, un décret de 1995 fixait les règles du jeu : l'accès était limité à huit visites par an et par zone d'attente accordées à des associations habilitées (Amnesty, Anafé, Cimade, France Terre d'Asile, Forum-réfugiés, Mrap, Croix-Rouge française et Médecins sans frontières).

Le ministre de l'Intérieur avait fait un premier pas en accordant une présence permanente "humanitaire" en zone d'attente, confiée à la Croix-Rouge française par convention signée en octobre 2003.

Mais la présence permanente de militants associatifs juristes, soupçonnés de dépasser leur rôle et d'encourager les étrangers à demander l'asile, posait plus de problèmes.