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Une aide juridique pour les étrangers en zone d'attente
AFP - 4 mars 2004

PARIS - Le ministère de l'Intérieur et l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) ont passé un accord visant à fournir une aide juridique aux étrangers en situation irrégulière maintenus en zone d'attente.

Fruit de deux ans de négociations, une convention en ce sens sera signée vendredi matin en présence du ministre Nicolas Sarkozy à l'aéroport de Roissy, où sont enregistrées 98% des demandes d'asile aux frontières en France.

En vertu de cet accord, une quinzaine de personnes seront mises à la disposition des étrangers maintenus en zone de rétention. Ces derniers pourront être reçus dans un bureau réservé afin d'"évoquer avec eux, de manière confidentielle, leur situation juridique", a expliqué à Reuters Hélène Gacon, porte-parole de l'Anafé.

"On sera là pour informer l'étranger des droits dont il dispose, de la procédure qui va se passer à son encontre et pour répondre à toutes les questions qu'il se pose", a-t-elle précisé.

Mercredi à l'Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy s'était félicité de cet accord, garant selon lui des droits des immigrants.

"Les étrangers ont des droits, ils seront scrupuleusement respectés. Mais la France a un droit, celui d'expulser les gens qui n'ont pas de papiers ou ont des faux papiers", avait-il déclaré.

BAISSE DU NOMBRE D'ETRANGERS EN ZONE D'ATTENTE

"La vérité, elle est là. La politique du gouvernement est juste parce qu'elle est ferme, et on peut concilier humanité et efficacité", avait ajouté le ministre, qui s'est félicité de la baisse du nombre de demandeurs d'asile en France.

L'Anafé a confirmé la baisse régulière du nombre d'étrangers maintenus en zone d'attente - qui est passé de 23.072 en 2001 à 15.498 en 2003 - tout en émettant des réserves sur les mesures prises par les autorités.

"L'Anafé s'inquiète de la volonté du gouvernement de favoriser le contrôle des flux migratoires au détriment de la protection et de l'accueil des étrangers, et en particulier des demandeurs d'asile", écrit-elle dans un communiqué.

L'association s'inquiète notamment des "contrôles à la source qui tendraient à dissuader ou même à empêcher les étrangers de se rendre sur le territoire français alors qu'ils en ont besoin", a déclaré Hélène Gacon.

"Un demandeur d'asile doit pouvoir venir en France pour faire état des raisons pour lesquelles il fuit son pays et il a besoin d'une protection.
Très concrètement, il faut qu'il puisse se rendre sur le territoire pour faire enregistrer cette demande", a-t-elle ajouté.

L'Anafé espère par ailleurs que la présence d'une assistance juridique permettra de lutter contre les violences policières.

"Dans un lieu où tout le monde est enfermé, les risques de dérapage sont énormes, c'est une logique qu'on connaît très bien", a déclaré Hélène Gacon.
"Nous espérons que, grâce à la présence d'un regard extérieur, on va améliorer les choses.