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La Croix-Rouge sera présente en permanence auprès des étrangers de la zone d'attente de Roissy

LE MONDE - 07.10.03
Nicolas Sarkozy veut "plus de transparence"

Par Sylvia Zappi

"l'état a tout à gagner à la transparence." C'est ainsi que Nicolas Sarkozy a justifié la convention que son ministère a signée, lundi 6 octobre, avec la Croix-Rouge, lui confiant une "mission d'assistance humanitaire des étrangers" dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy. La signature était attendue depuis quelques semaines. Du temps mis à profit pour d'ultimes négociations.

La convention, passée à titre expérimental pour une durée de six mois, prévoit une présence permanente en zone d'attente, où sont maintenus les étrangers non admis sur le territoire. Vingt-trois permanents de la Croix-Rouge, pour beaucoup d'anciens salariés du centre de Sangatte, s'installeront dès le 14 octobre dans les locaux de la zone d'attente pour les personnes en instance (ZAPI) de Roissy. Ces médiateurs fourniront un soutien psychologique, sous l'autorité de Michel Derr, ex-directeur du centre de Sangatte. Ils pourront donner "toute information utile", apporter une aide matérielle "en fournissant les produits de première nécessité" et assurer un "rôle de médiateur" entre les étrangers et la police aux frontières. Cette mission restera sous la surveillance du ministère : la Croix-Rouge devra "rendre compte à l'administration de l'accomplissement de cette mission", en "faciliter à tout moment le contrôle"et "ne pas s'ingérer dans l'examen de la situation individuelle de l'étranger".

La Croix-Rouge n'a pas obtenu toutes les attributions qu'elle demandait. Son équipe ne fera pas "d'accompagnement sanitaire et juridique", contrairement à ce qu'avait déclaré lundi au FigaroMarc Gentilini, son directeur. Le suivi médical continuera à être assuré par l'hôpital Robert-Ballanger d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Enfin, l'assistance juridique devrait revenir à l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafe) que M. Sarkozy recevait lundi. Une seconde convention devrait préciser les modalités d'accès permanent de l'Anafe dans tous les lieux de la zone d'attente, comme elle l'avait revendiqué. "Plus d'humanité, plus de transparence et moins de polémique", a résumé le ministre, qui s'était engagé le 14 mars à ouvrir les zones d'attente aux associations.

Sylvia Zappi
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 08.10.03