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AP 5 juillet 2005

Le G5 va organiser des expulsions groupées d'immigrés clandestins,
annonce Nicolas Sarkozy


PARIS (AP) - En déplacement à Evian pour le G5 des ministres de l'Intérieur qu'il préside, Nicolas Sarkozy a déclaré mardi que des expulsions seraient conjointement organisées par les pays du G5 pour renvoyer des immigrés clandestins dans leurs pays d'origine.

"Tous ensemble, les pays européens, les cinq grands, on va organiser des avions pour rapatrier chez eux des immigrés en situation clandestine en Angleterre, en Espagne, en Allemagne, en France et en Italie", a-t-il déclaré sur Europe-1.

"C'est le ministre de l'Intérieur socialiste espagnol (José Antonio Alonso) qui m'a demandé si j'étais d'accord pour que nous organisions tous ensemble des retours groupés d'étrangers en situation illégale", a-t-il précisé.

En France, "cette année, on sera aux alentours de 25.000 expulsions, c'est 50% de plus que l'an passé", a-t-il noté.

Quant au regroupement familial, il sera maintenu, selon M. Sarkozy, car "le droit de faire venir sa famille est un droit fondamental". Il a toutefois dénoncé les abus "du fait de mariages d'un étranger ou d'une étrangère avec un Français", annonçant que les pays du G5 ont décidé d'"harmoniser les conditions de regroupement familial".

Le ministre de l'Intérieur a également proposé que l'immigration fasse l'objet d'un débat annuel "de façon transparente, devant les Français".

"Je souhaite donc chaque année un débat devant le Parlement, où le gouvernement viendrait expliquer, catégorie d'immigration par catégorie d'immigration, quels sont ses objectifs", a-t-il déclaré, avant d'ajouter: ce matin je proposerai à nos partenaires que chacun d'entre nous, les cinq grands pays d'Europe, nous décidions de faire la même chose."

"Pourquoi? Parce que nous voulons les meilleurs étudiants du monde dans nos pays et pas ceux dont personne ne veut", a-t-il lancé. "Il est quand même plus logique qu'on accepte les étrangers pour qui nous avons un travail et un logement".

Le président de l'UMP a souhaité qu'il y ait "un plafond" du nombre des immigrés acceptés chaque année par les cinq pays, tout en assurant qu'il ne s'agit pas de "faire l'immigration zéro" ni de recroqueviller notre société sur elle-même. "L'immigration n'est pas un problème à une condition, qu'elle soit maîtrisée", a-t-il répété.

Interrogé sur "l'intégration" des immigrés, il a reconnu que "notre système d'intégration est partiellement en panne": "tant qu'on ne maîtrise pas les flux d'immigration, on ne peut pas donner l'effort et la générosité nécessaires pour intégrer ceux qui sont sur notre territoire national", a-t-il déclaré.

Nicolas Sarkozy a également admis "la double faute" de la France: "d'abord on n'a pas été généreux parce que c'est vrai qu'il y a du racisme", a-t-il noté. "Et deuxièmement, on n'a pas été assez fermes", a-t-il poursuivi. "Quand on vit en France, on respecte les lois de la
France et on aime la France, si on n'aime pas la France et on ne respecte pas ses lois, personne ne vous oblige à rester".

Sur l'immigration clandestine, il a annoncé sa volonté de "généraliser les empreintes biométriques dans les consulats", précisant qu'en plus des cinq consulats actuels, cinq autres seront équipés en 2005, et 20 autres en 2006.

"J'ai proposé à mes quatre partenaires qu'ils utilisent nos machines", a-t-il précisé, avant de conclure: "on va mutualiser la biométrie."

Il a enfin souligné qu'il réfléchissait à transformer le G5 en G6, "car je pense que la Pologne, 40 millions d'habitants, c'est un grand pays de l'Europe", qui devrait être associé à la réflexion commune.