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Un collectif européen demande à Londres et Paris de ne pas expulser des Afghans

AFP 25.07.05 | 15h57



Un collectif européen d'associations et de partis a demandé "instamment" lundi aux gouvernements français et britannique de renoncer à expulser "plusieurs dizaines d'Afghans" par "vol charter commun" vers Kaboul.

Dans un communiqué, ce collectif affirme qu'un premier "vol charter commun" doit "décoller très prochainement à destination de Kaboul pour +reconduire+ plusieurs dizaines d'Afghans, déboutés de l'asile et/ou en situation irrégulière".

"Nous demandons instamment aux autorités françaises et britanniques de renoncer à tout projet d'expulsion vers l'Afghanistan", un pays "tout sauf sûr" où "la situation n'a jamais été aussi explosive", écrit ce collectif, composé d'une dizaine d'organisations françaises (Cimade, LDH, LCR, PCF, Verts, etc...), espagnole (APDHA) et britanniques (Bail circle, JCWI, NCADC).

Amnesty international section française (AISF) s'est pour sa part, dans un communiqué, déclarée "inquiète que des Etats renvoient des Afghans dans leur pays sans s'assurer qu'ils peuvent y retourner en toute sécurité et dans la dignité". Pour elle, "toute personne qui exprime le souhait de ne pas rentrer doit avoir accès à une procédure d'asile équitable".

Début juillet, les ministres de l'Intérieur du G5 (Allemagne, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni) avaient décidé d'organiser entre eux des vols groupés d'expulsions d'immigrés clandestins d'un même pays.

Lundi matin, à Paris, une délégation de soutien au mouvement des sans-papiers a été reçue au ministère de l'Intérieur par un conseiller technique de Nicolas Sarkozy.

"Nous avons refusé tout travail commun avec le ministère de l'Intérieur", a expliqué à l'AFP le président de la Ligue des droits de l'Homme, Jean-Pierre Dubois, reçu en même temps que cinq autres militants (des collectifs de sans papiers de la région parisienne, du Mrap et de la CGT).

"Toutes les interventions publiques du ministre de l'Intérieur depuis le 30 juin indiquent, dans le fond comme sur la forme, un nouveau durcissement de la politique de l'immigration", ont ensuite déploré les organisations de soutien aux sans-papiers, dans un communiqué.

"Un premier +charter européen+ doit, dans les prochaines heures, ramener de force en Afghanistan des Afghans ayant fui ce pays qu'aucun observateur ne saurait qualifier de +sûr+. Et, selon le ministre, d'autres charters suivront", ont-elles écrit.

Elles ont de nouveau exigé "la régularisation globale des sans-papiers" et "l'instauration d'un moratoire immédiat sur toutes les reconduites à la frontière".

AISF a aussi exprimé ses "préoccupations sur les vols +groupés+" de manière générale, estimant notamment que "la volonté de remplir l'avion risque d'entraîner des erreurs du fait de la précipitation induite".