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Nouvelle loi et reprise des «charters»
35 000 expulsions au cours de l'année écoulée

Le figaro -
Marie-Christine Tabet
15 janvier 2004

La lutte contre l'immigration clandestine a été au coeur de l'activité du ministre de l'Intérieur en 2003. Outre la promulgation d'une loi durcissant les conditions de séjour des étrangers en France, Nicolas Sarkozy a fait le tour des principaux pays d'émigration clandestine vers la France (Chine, Mali, Roumanie, Sénégal, Algérie, etc.) pour arracher aux différents gouvernants des accords de coopération.

Dans chaque capitale, il a plaidé pour que les États acceptent de «reprendre» leurs ressortissants dont la France ne veut pas. L'enjeu est de taille : le Sénégal, par exemple, ne s'exécute que dans 18% des cas. Selon les chiffres que le ministre a livrés hier, cette politique commence à produire ses effets. Le nombre de reconduites, c'est-à-dire l'éloignement à la suite d'un arrêté préfectoral des étrangers installés illégalement en France, a progressé de 16% au cours des douze derniers mois, passant de 10 000 en 2002 à 11 692 en 2003, et de 25% pour le seul dernier trimestre qui a vu entrer en vigueur la loi Sarkozy.

La grande satisfaction du ministre de l'Intérieur reste cependant les résultats obtenus à Roissy, première frontière française en matière d'immigration clandestine. «Lorsque je suis arrivé, a expliqué le ministre, il y avait plus de 500 personnes en zone d'attente à Roissy», où sont placés les étrangers interceptés avant de franchir le contrôle des passeports. «Aujourd'hui, la zone d'attente compte une moyenne de 80 à 100 personnes. La semaine dernière, nous avons atteint un seuil historique de 57 étrangers.»

Nicolas Sarkozy a également rappelé qu'il avait installé la Croix-Rouge à l'intérieur de la zone d'attente. La reprise des vols charters avait en effet réveillé la crainte des associations quant aux traitements réservés aux étrangers expulsés. De nombreux clandestins s'étaient d'ailleurs plaints de violences policières. Le bilan de l'année révèle que 2 500 clandestins ont été éloignés depuis Roissy, sur sept vols spécialement affrétés par l'État français seul ou avec d'autres pays européens, ou embarqués par groupe de cinq sur 209 vols commerciaux.

Au total, ce sont 35 000 étrangers sans papiers, non admis à la frontière ou interdits du territoire à la suite d'une décision de justice, qui ont été éloignés de France en 2003.