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Bruxelles prêt à financer des «charters» groupés

Le figaro -

22 janvier 2004

La Commission européenne va proposer aujourd'hui aux ministres de l'Intérieur des Quinze réunis à Dublin de participer financièrement aux expulsions groupées de clandestins. En offrant de payer une partie de la facture des «charters» conjoints sur les fonds communautaires, Bruxelles risque de s'attirer les foudres des parlementaires et des associations des droits de l'homme, choqués par la nouvelle méthode des charters communs, avalisée par les Quinze en novembre dernier. Dans ce dossier sensible, la Commission se défend de tout angélisme. «On ne peut pas se battre contre l'immigration illégale sans accepter le principe de l'expulsion», explique-t-on à Bruxelles.

L'exécutif européen a prévu une enveloppe budgétaire de 30 millions d'euros sur deux ans pour participer au financement des charters communautaires. Jusqu'ici, seuls une demi-douzaine de vols communs ont été organisés entre la France, la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas. Même partagé, le coût de ces opérations reste très élevé pour les capitales. En apportant son aide, l'exécutif européen ne se contente pas d'alléger le fardeau financier des Etats membres. Il espère obtenir un droit de regard sur les procédures d'expulsion en vigueur dans l'Union.

«Aujourd'hui, chaque pays expulse ses clandestins comme il l'entend, souvent dans la plus grande discrétion, regrette-t-on à Bruxelles. Si la Commission participe à la facture, il va de soi qu'elle exigera de fixer certaines règles.» Discutée pour la première fois aujourd'hui, cette initiative devrait susciter la méfiance des Etats membres, qui préfèrent garder la mainmise sur leur politique de lutte contre l'immigration clandestine, quel qu'en soit le prix.