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Nicolas Sarkozy veut organiser des vols groupés d'expulsions avec la
Grande-Bretagne
LEMONDE.FR | 06.12.05 | 19h31

"Nous sommes en train, avec le premier ministre, de négocier avec l'Irak et avec l'Afghanistan, comme avec la Somalie, en accord avec nos amis anglais, des vols groupés", a déclaré à l'Assemblée nationale le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy. Le but est de "renvoyer chez eux des gens qui croient que l'Angleterre est un nouvel Eldorado et qui viennent atterrir dans le Calaisis sans espoir de trouver un logement ou un travail", a expliqué le ministre en évoquant la situation des clandestins massés près de Calais dans l'espoir de gagner la Grande-Bretagne.


Le ministre de l'intérieur a de nouveau défendu sa décision de fermer le centre de la Croix-Rouge de Sangatte (Pas-de-Calais) fin 2002, une mesure critiquée par une partie de la gauche, au motif que plusieurs centaines de migrants errent dans le secteur de Calais. "La vérité (...) c'est que le hangar de Sangatte où 3 000 personnes vivaient dans des conditions inadmissibles, c'était un signal donné au monde entier qu'il y avait un point de passage" vers l'Angleterre, a dit M. Sarkozy.
"Sangatte et son hangar n'étaient pas à l'honneur de la République française. Nous avons bien fait de le fermer", a-t-il insisté.

"La fermeture de Sangatte n'a pas réglé le problème de l'immigration, mais le maintien de Sangatte l'aggravait", a assuré le ministre de l'intérieur, qui a affirmé que cette fermeture avait "divisé par dix le nombre de clandestins dans le Calaisis". Selon M. Sarkozy, les associations servaient avant la fermeture de Sangatte 2 000 repas par jour contre environ 200 actuellement.

Nicolas Sarkozy s'était félicité, le mois dernier de l'augmentation des expulsions d'étrangers en situation irrégulière : "10 000 en 2002, 12 000 en 2003, 15 000 en 2004." "Nous dépasserons 20 000 en 2005, sachant qu'un objectif de 25 000 sera fixé en 2006", avait-il annoncé devant la commission parlementaire sur l'immigration clandestine.

Avec AFP