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Journal l'Humanité

Article paru dans l'édition du 6 janvier 2005

Evénement

La zone des enfants perdus

Hélène Gacon est présidente de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les réfugiés (ANAFR).

« Le législateur prévoit expressément le placement de mineurs en zone d’attente et reconnaît donc, de ce fait, qu’ils peuvent être refoulés. Et la pratique quotidienne prouve que la quasi-totalité des mineurs qui tentent d’arriver à nos frontières sont refoulées. C’est pour cette raison que nous nous étions opposés à ce que ces mineurs soient maintenus en zone d’attente. Du coup, ils sont de moins en moins nombreux à arriver par avion, ils choisissent des moyens beaucoup plus dangereux, extrêmement précaires. Juridiquement, tout a été fait en 2002, pour que la zone d’attente ait un régime tout à fait exceptionnel qui s’applique également aux mineurs. Pourtant, c’est évident : un mineur isolé étranger, qui se présente seul aux frontières, est, de fait, en danger et il a fui un danger

inhabituel. Nous pensons donc qu’il devrait avoir immédiatement accès aux dispositifs de protection de l’enfance pour que toutes les recherches soient faites afin de le confier à de bonnes mains. La seule protection dont bénéficient ces enfants à l’heure actuelle est l’assistance d’un administrateur ad hoc, qui n’est présent que pour assurer la représentation légale de la procédure qui, de toute façon, est engagée contre l’enfant. Non seulement ces administrateurs n’ont pas de pouvoirs pour défendre l’enfant, mais ils n’exercent pas toutes les

compétences dont ils disposent. La seule protection existante est le juge pour enfant qui peut statuer et préconiser une assistance éducative. Seulement les pouvoirs publics, police des frontières et ministère de l’Intérieur, ne reconnaissent même pas de valeur obligatoire à une décision de justice rendue par un juge pour enfant. »

Pour consulter le rapport : www.anafe.org