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Embarquement de clandestins avec violences : Sarkozy n'a pas changé

Le Quotidien - journal sénégalais d'informations
Edition du Lundi 22 décembre 2003

Lors de son séjour, il y a quelques jours à Dakar, le ministre français de l'Intérieur avait donné tous les gages de bonne conduite aux autorités sénégalaises. La main sur le oeur, Nicolas Sarkozy assurait que plus jamais les ressortissants sénégalais ne seraient expulsés dans les conditions inhumaines et dégradantes qui avaient provoqué un tollé et un certain raidissement de la part des autorités sénégalaises.

Les traitements réservés à des Sénégalais en situation irrégulière en France et en passe d'être expulsés du sol français avaient été tels que les plus hautes autorités de l'Etat du Sénégal s'en étaient offusquées et exigeaient de la France un traitement des citoyens sénégalais à l'image de ce que doivent être les relations entre la France et le Sénégal. Mais les images, diffusées hier dans le journal de 20 heures de la chaîne française Tf1, apportent la preuve qu'il ne fallait pas miser un sou sur la bonne foi du ministre français en visite à Dakar. Un Sénégalais et un Nigérian ont été montrés attachés, violentés et rudement bousculés par des policiers français à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. La scène a heurté de nombreux passagers qui devaient prendre le vol dans lequel ces clandestins devaient être embarqués. Il aura fallu l'appel de renforts de police pour embarquer le citoyen Nigérian dans le vol en partance pour Lagos.

Le Sénégalais n'a pu embarquer du fait que le commandant de bord a refusé de le prendre dans son avion. Les images montrées à la télévision hier soir ont choqué bien du monde. Des organisations de défense des droits de l’Homme et des organisations de "sans papiers" se mobilisent pour protester contre ces traitements que Nicolas Sarkozy disait bannis des aéroports français. Reste à savoir ce que les autorités sénégalaises diront de cela. En tout cas, la France n'a pas tenu parole.

Le chef de l'équipe de police qui organisait le rapatriement a déclaré aux journalistes que le clandestin allait être embarqué à bord d'un autre vol à destination de Dakar. De quoi accréditer la thèse d'un deal passé avec le ministre français lors de son séjour. La meilleure preuve pour montrer le contraire s'offre alors aux autorités sénégalaises pour ce cas précis. Par ailleurs, on a appris, tard hier soir, qu'un groupe de 150 passagers en rade à Paris pendant 24 heures, ont pu embarquer pour Dakar.

Madiambal DIAGNE