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Les avions de ligne, otages des expulsions

20 minutes, benjamin Wright

26 mai 2003


Vol AF 508 Paris-Le Caire-Riad. A l'arrière de l'avion, un long râle plaintif, des cris, des hurlements.

Deus étrangers en situation irrégulière, pied et mains liés, tête plaquée contre la tablette, tente de semer le trouble pour empêcher le décollage de l'avion qui les reconduits dans leur pays, le Soudan. Ils sont escortés par quatre policiers "qui ont reçu une formation spécifique", affirme la direction générale de la police nationale. Une femme et un enfant pleurent, choqués par la scène.
Trois passagers, qui ont tenté d'empêcher une expulsion similaire sur un vol Paris-Bamako, seront jugés dans un mois devant le tribunal de Bobigny pour entrave à la circulation aérienne. "En règle générale, ça se passe bien "assure la police, qui reconnaît que "tous les jours, il y a des reconduites à la frontière par voie aérienne". Leur nombre a augmenté de 20 % sur les quatre premiers mois de l'année, d'après le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy.
"Deux personnes sont mortes ces derniers mois au cours de leur expulsion" rappelle Hélène Gacon, présidente de l'Anafé. "Maintenir des personnes ligotées pendant plusieurs heures, devant d'autres passagers est une atteinte à la dignité humaine", estime-t-elle.
Les compagnies aériennes sont-elles aussi otages de ces expulsions. "Les places sont achetées par le ministère de l'Intérieur" explique la direction d'Air France, qui note que "le refus de vente est illégal".