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Mort d'un clandestin : l'ANAFE s'indigne d'une "décision" de continuer le vol

AFP
24 Octobre 2003

L'Anafé s'est indigné vendredi d'une "décision délibérée", selon elle du pilote d'un Brazzaville-Paris de poursuivre le vol malgré la présence dans le train d'atterrissage congolais, retrouvé mort à l'arrivée 0 Paris.
Selon un communiqué de l'Anafé qui a fait part de son intention de porter plainte, "une décision délibérée a été prise pendant le vol, tendant à renoncer à toutes les mesures qui auraient permis de sauver la vie de ce passager".
L4Anafé qui regroupe diverses associations dont les syndicats de pilotes de l'aviation civile (SPAC) et la CFDT des personnels assurant un service Air-France, fait état de deux messages radios envoyés au commandant de bord par le centre de contrôle opérationnel (CCO) d'Air France à Paris. Le premier, à 21h51, environ 1h20 après le décollage de Brazzaville le 9 octobre, "aurait appris au commandant de bord la présence du passager lui conseillant d'opérer un déroutement vers Douala" au Cameroun. En revanche, un autre, à 22h15, aurait indiqué " que le déroutement vers Douala n'était pas possible "à cause des complications policières", que l'aéroport de Niamey (Niger) ne répondait pas, et qu'en conséquence il était "suggérer de poursuivre le vol".
Interrogé sur ce point, la direction d'Air France a répondu qu' "une enquête interne était en cours et qu'un point serait fait ultérieurement". Sous couvert de l'anonymat, une source interne à Air France a confirmé ces deux messages et a indiqué que toutes les communications du CCO étaient enregistrées.
Selon l'Anafé, à laquelle appartient également la Cimade, Amnesty international ou le Syndicat de la Magistrature, le clandestin congolais était un mineur de 16 ans.
Selon une source interne à Air France ayant requis l'anonymat, il est rentré dans le train d'atterrissage gauche du vol d'Air France 897 Brazzaville-Paris. Il avait alors été vu par des militaires congolais, "grâce à la surveillance renforcée due à l'imminence d'un vol présidentiel" selon l'Anafé.
L'Anafé indique qu'elle appuiera les procédures complémentaires que la famille du jeune souhaitera éventuellement engagé.
ng/mfo/abl