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3 QUESTIONS A...HELENE GACON
"Le pilote avait la maîtrise de son vol"

Le Nouvel Observateur
24 octobre 2003

Hélène Gacon est présidente de l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (ANAFE)

Comment réagissez-vous face au comportement du pilote d'Air France qui a continué à voler après avoir appris qu'un clandestin se trouvait dans le train d'atterrissage ?

- Pour le moment nous savons peu de choses. Concernant l'attitude du commandant de bord, des informations et des rumeurs circulent. Si elles s'avéraient, elles nous inquièteraient beaucoup. Au départ, il semblerait qu'il savait. Mais je parle au conditionnel. Il fallait qu'il fasse demi-tour, qu'il rebrousse chemin. L'homme était peut-être encore en vie, alors qu'au bout de huit heures de vol, il ne l'était plus. Le commandant savait d'une manière ou d'une autre. Les secours étaient présents à l'arrivée de l'avion, mais ils n'ont servi à rien.
Pour le moment nous sommes très prudents concernant cette affaire. Nous sommes en train de nous renseigner car ce qui est arrivé est très grave. Le pilote avait la maîtrise de son vol aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. S'il avait eu connaissance de problèmes techniques, il aurait rebroussé chemin et n'aurait pas engagé sa responsabilité.

Avez-vous connaissance de la procédure à appliquer dans ce cas ?

- C'est la première fois que cela arrive. Il faut voir ce qu'indique la procédure interne de la compagnie aérienne sur la conduite à tenir. C'est un axe de recherche. Il y avait un risque potentiel évident, pas qualifiable. Le comportement du pilote ressemble à de la non-assistance à personne en danger et n'avait pas besoin de règles.

Quelles mesures préconisez-vous concernant la protection des clandestins ?

- Des clandestins réussissent à arriver vivants, mais la plupart décèdent avant. C'est un sujet récurrent. Ils n'ont ni visas ni autorisation d'embarquement, mais ils sont déterminés à employer les moyens les plus dangereux pour quitter leur pays.
Notre association considère que les personnes doivent pouvoir venir si elles le veulent, pour des raisons qui ne regardent qu'elles et ce dans des conditions dignes.

Propos recueillis par Aude Godfryd
(le vendredi 24 octobre 2003)

contact@anafe.org

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